Avignon

AVIGNON

 

Ville du sud de la France, chef-lieu du département du Vaucluse, sur la rive gauche du Rhone

Avignon est située a proximité du confluent de la Durance et du Rhône, au croisement de la route nord-sud et des voies provenant de la Provence et du Languedoc.
Au-dessus de la zone inondable de la vallée du Rhône, le premier site de la ville fut le rocher des Doms, mais elle s’est largement étendue au-delà des remparts qui enserrent la vieille cité médiévale vers le sud et vers le Nord-Est, en direction des communes industrielles du Pontet et de Sorgues. Avignon est un grand marché régional d’expédition des fruits et légumes, des vins (Cotes-du-Rhone); elle possède en outre des industries alimentaires (conserveries) et chimiques (engrais). Elle doit aussi en partie sa prospérité au tourisme attiré par les vestiges archéologiques et par les manifestations artistiques

Histoire

Pendant la domination romaine, Avignon (Aveni) n’est qu’une ville de seconde importance de la « Gallia Narbonensis ». Apres avoir été sévèrement éprouvée par les Sarrasins, elle appartient successivement aux rois de Bourgogne et d’Arles et aux comtes de Provence, de Toulouse et de Forcalquier. A la fin du Xème siècle, elle devient une république, mais celle~ci est démantelée par Louis VIII en 1226. Le véritable rôle historique d’Avignon est lié a l’histoire de l’Eglise.

Dans l’histoire de l’Eglise, « l’exil avignonais »» représente la période, de 1309 a 1377, pendant laquelle sept papes, tous français, résident à Avignon, qui devient domaine papal. Les sept papes sont : Clément V (1305-1314), Jean .XXII (1316-1334), Benoit XII (1334-1342), Clement VI (1342-1352), Innocent VI (1352-1362), Urbain V (1362-1370) et Gregoire XI (1371-1378).

Ce séjour leur permet de centraliser l’administration de la Curie, en réduisant au minimum les autonomies locales. La cour pontificale est définitivement fixée : les services se multiplient et sont groupés sous la direction effective du pape. Les missions en Chine et en Perse sont favorisées. Le mécénat de la papauté est inauguré : il est marqué par le séjour d’artistes italiens comme Simone Martini. Mais les papes ignorent les exigences spirituelles et morales; aussi les réactions à la vie fastueuse de la cour sont-elles nombreuses : dissidence des petits frères franciscains, rébellion de Wiclef en Angleterre, invectives de Pétrarque contre l’ « avare Babylone ». Pendant ce temps, Rome tombe dans l’anarchie et la misère, atmosphère propice aux idées de réforme : à cette époque un factieux, Cola di Ricenzo, tente de s’emparer du pouvoir. Innocent VI sentant la nécessité de ramener l’Eglise et Rome prépare ce retour; son successeur Urbain V peut ainsi séjourner à Rome pendant trois ans (1367-1370); enfin Grégoire XI, sollicité par les prières de sainte Brigitte de Suède et de Sainte Catherine de Sienne, revient définitivement A Rome (1377).

Le séjour avignonnais, positif pour l’Eglise par bien des aspects, a porté atteinte a son unité; le schisme d’Occident (1378-1414) et, plus tard, les Eglises nationales et la Réforme protestante en seront les conséquences. Avignon reste, jusqu’à la fin du XVIII ème siècle, gouvernée par des légats pontificaux. Le I2 juin 1790 l’annexion à la France est décidée par plébiscite; elle est votée par la Constituante en septembre 1791.

Beaux-Arts

Avignon est une des villes d’art les plus intéressantes du midi de la France. Entourée de remparts du XI ème siècle (restaurés au siècle dernier par Viollet-le-Duc), la ville est dominée par le rocher des Doms que surmonte la cathédrale Notre-Dame-des Doms, édifiée au Xll ème siècle; de la même époque date le célèbre pont Saint-Bénezet, dont il ne subsiste actuellement que quatre arches. Mais le témoignage le plus frappant du glorieux passé d’Avignon est le palais des Papes. Construite a partir de 1334, l’ancienne résidence pontificale se présente comme une forteresse aux tours carrées percées de mâchicoulis, et dont les murs revêtus d’arcades aveugles sont en partie couronnés de créneaux ; la construction se compose en réalité de deux édifices : le Palais-Vieux (1334-1342) érigé par Benoit XII, empreint encore d’austérité, et le Palais-Neuf (1342-1352).